La cancoillotte était
déjà présente sur les tables des Séquanes
et des Gallo-Romains et le mot cancoillotte serait pour certains la
traduction littérale du latin concoctumlactem.
D'autres font remonter
son origine à une erreur de préparation dans une ferme
du XVIe siècle sans que l'on puisse précisément
l'établir.
La cancoillotte était
appelée "fromagère" jusqu'au début du
siècle. Sa fabrication n'était pas répandue dans
toute la Franche-Comté.
Là où les fruitières n'existaient pas, les paysans
devaient tirer partie eux-même de leur production de lait. Dans
chaque ferme, les femmes fabriquaient leur beurre puis, avec le lait
écrémé, elles préparaient la fromagère.
Ces produits étaient vendus sur les marchés des villes
environnantes.
Pour faire la fromagère,
on laissait cailler naturellement le lait écrémé.
Le petit lait (sérum) s'égouttait et l'on obtenait un
bloc de metton que l'on émiettait et laissait fermenter lentement
à douce température. Quand le grain devenait jaune et
répandait une odeur un peu forte, on fondait ce metton avec
du beurre jusqu'à cuisson.
Ainsi préparée,
la cancoillotte se conserve difficilement et n'est pas transportable.
Pendant la première
guerre mondiale, Madame RAGUIN entreprit des essais de stérilisation
de la cancoillotte pour la faire parvenir à son mari se trouvant
sur le front.